une série d’articles sur l’office management (si vous ne connaissez pas, vous n’avez pas envie de savoir de quoi il s’agit). Dans tous, il avait accordé les termes entrepreneur, dirigeant, gérant au masculin tandis que toutes les secrétaires, assistantes et hôtesses étaient au féminin. Quand j’ai vu ça, j’ai râlé auprès de mon collègue qui m’a dit oui, enfin, c’est pas bien grave, en plus, la plupart du temps, les secrétaires sont des femmes.

Oui, enfin, c’est pas bien grave.

OUI, ENFIN, C’EST PAS BIEN GRAVE.

Moi, je trouve que c’est grave de parler d’un médecin et d’une infirmière, d’un avocat et d’une caissière, d’un manager et d’une secrétaire parce que, vous l’aurez peut-être noté, les professions les plus « prestigieuses » sont rarement celles qu’on met spontanément au féminin. Du coup, dans l’imaginaire collectif, on a tendance à davantage associer certaines professions au masculin et d’autres au féminin.

Le soucis dans cette histoire, c’est la construction des rôles sociaux. Une petite fille qui ne lit que des livres dans lesquels les médecins sont désignés aux masculin et les infirmières au féminin aura plus de mal à se projeter comme médecin plutôt que comme infirmière et se sentira donc peut-être cantonnée au rôle social qu’on a écrit pour elle. Vous me direz qu’il y a sans doute peu de petites filles qui lisent des articles sur l’office management et vous aurez raison. Par contre, leurs parents les lisent, y pensent, en parlent et, sans forcément y faire attention, continuent à diffuser cette distinction et à rendre plus difficile pour tout le monde la possibilité de faire certains choix de carrière.

Donc oui, c’est grave et oui, c’est important de faire en sorte que ces clichés cessent d’exister et qu’on dise à nos petites filles qu’elles peuvent être PDG, chimistes, caissières ou standardistes si elles le souhaitent tandis que les garçons pourront s’imaginer sages-femmes ou nourrices*. Or, la déconstruction des clichés qui est indispensable pour que tout ça arrive passe, entre autre, par la nécessité d’arrêter de parler toujours systématiquement d’infirmières, de caissières ou d’hôtesses d’accueil et, en parallèle, de féminiser au maximum les noms de métiers (d’ailleurs, vous avez vu comme le maïeuticien est passé comme une lettre à la poste alors qu’un Madame la Présidente a fait hululer tout le monde)(la langue française est au service du patriarcat depuis à peu près… toujours).

Si je vous raconte ça, c’est parce que mardi dernier, c’était la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes. Une journée dont vous avez peut-être entendu parler sur les réseaux sociaux parce que la marque Benetton a profité de cette occasion pour envoyer à plusieurs blogueurs un bouquet et un communiqué de presse au visuel assez discutable (douce ironie sachant que Benetton, comme la plupart des marques de prêt-à-porter, produit dans des pays où il est facile d’exploiter une main d’oeuvre féminine (et masculine) à moindre coût… soit, grâce à la magie du capitalisme, une violence tout aussi réelle que celles qu’ils dénoncent). Ce bel exemple d’hypocrisie a donc été relayé par de nombreux blogueurs sur Twitter ou Instagram, les mêmes se targuant parfois alors d’agir pour cette cause (honnêtement, je ne sais pas si c’est du cynisme ou de la bêtise)(qu’auraient ces gens à dire si les marques cessaient de leur envoyer des produits, de les inviter à des soirées, des concerts ou des spectacles ou de leur envoyer des cadeaux et des communiqués de presse ? est-ce que ça serait les mêmes personnes si toute une partie de leur vie n’était pas dictée par les besoins de visibilité des annonceurs ?)(ce n’est pas un sarcasme, c’est une vraie question que je me pose)(il faut dire que j’ai le problème inverse, je suis du genre à refuser les distributions promotionnelles de chewing-gums près des gares ou des stations de métro parce que ça me donne l’impression d’être manipulée)(je sais que c’est un peu naïf et que, de toutes façons, je ne suis pas plus maligne que les autres et donc tout aussi influencée mais je vois quand même une différence entre acheter des SojaSun chez Carrefour ou communiquer sur un produit ou service par l’intermédiaire d’un employeur (il faut bien manger) et vendre son nom, son influence et sa personne pour promouvoir une paire de chaussettes). Alors certains diront Oui, mais parler d’une cause, c’est déjà bien, peu importe les moyens mais moi je ne suis pas d’accord (à mon avis, instagrammer un bouquet de pivoines, ça revient à peu près à se filmer en train de pisser dans un violon et ça peut même être contreproductif)(en fait, ça me rappelle les heures les plus sombres du pinkwashing)(si vous ne voyez pas de quoi je parle, lisez ça : Avec le Pinkwashing, le cancer du sein devient un produit comme un autre et Pink breast cancer awareness ribbons sell because they’re meaningless)

Bref, je m’emballe (en même temps, j’ai presque un an de blog à rattraper)(et je ne vous ai pas encore raconté les vacances que j’ai passées à travailler à Paris parce que la mutuelle obligatoire de mon entreprise est merdique et que mes 3 mois d’arrêt maladie m’ont pompé la moitié de mes économies). En fait, tout ce dont je voulais vraiment vous parler aujourd’hui tient en quelques lignes : l’association les Dé-chaînées lance une enquête sur l’accueil des victimes de violences sexuelles dans les commissariats et par la police nationale. Si vous êtes concernée, c’est très important que vous y participiez (c’est anonyme) car ce recueil de données va leur permettre de présenter un rapport aux différents ministères. Les statistiques sont malheureusement éloquentes : en France, il y a 200 femmes violées par jour et seules 10% d’entre elles osent porter plainte. Pourquoi ? Parce qu’elles sont mal aiguillées, mal reçues, mal épaulées, qu’elles sont victimes de pression, culpabilisées, ou que leurs propos sont mis en doute et leur parole silenciée par certains représentants de l’Etat ou par leur entourage. Alors répondez (y compris si vous avez été bien accueillie et écoutée, c’est important de le dire aussi), faites passer, discutez, renseignez-vous, réfléchissez, dénoncez, mettez vous en colère et espérez que demain, le monde soit aussi joyeux qu’un clip de Patrick Sébastien.

* Faites moi penser à vous parler une prochaine fois des raisons pour lesquelles je suis pour l’abolition du travail et du capitalisme, ça fera un autre post RIGOLO.

les sujets consensuels.

Les meilleurs étant les séries TV (je dis ça mais j’ai déjà failli en venir aux mains avec quelqu’un qui n’aimait pas les dernières saisons d’American Horror Story) et les émissions de cuisine (vous regardez Masterchef Junior US ? cette année, il y a l’enfant de Satan qui fait sa raie sur le côté et porte des NŒUDS PAPILLON COLORÉS).

Mais j’ai aussi des centres d’intérêt plus délicats à partager. Par exemple, j’adore cuisiner (enfin, rectification : j’adore manger et pour arriver à mes fins, je dois cuisiner) mais je ne consomme ni viande ni poisson et j’ai réduit au maximum les œufs et les produits laitiers (j’en mange à l’extérieur quand je n’ai pas d’autre alternative). Evidemment, ça suscite des questions, des questions auxquelles j’ai des réponses sauf que ce sont des réponses que les personnes qui me posent ces questions n’ont souvent pas envie d’entendre. Ça aboutit parfois à des conversations farfelues :

  • Oui mais de toutes façons tu portes quand même un sac en cuiralors ça sert à rien (ben oui, évidemment, si on peut pas tout de suite faire quelque chose aussi bien que ce qu’on aimerait, autant laisser tomber et manger du bacon à tous les repas),
  • Les carottes aussi souffrent (je croyais que c’était un mythe cette histoire de cri de la carotte mais je l’ai entendue trois fois en un an de la part de personnes qui sont loin d’être bêtes)(loin d’être bêtes mais qui s’imaginent que les végétaux sont dotés d’un système nerveux)(indice : c’est faux),
  • Non mais de toutes façons, il faut être modéré et manger un petit peu de tout (la sacro-sainte modération : soyons toujours modérés, n’ayons jamais d’avis sur rien et n’essayons SURTOUT JAMAIS de changer quoi que ce soit autour de nous)(d’autant que tout le monde sait que les vegans sont tous d’horribles extrêmistes qui constituent des lobbys au sein des multinationales de l’agroalimentaires pour vendre aux médias et aux politiques des programmes alimentaires imaginés par des médecins rémunérés par ces mêmes lobbys),
  • Oui, moi c’est pareil, enfin sauf que je mange de la viande que deux ou trois fois par semaine et uniquement celle qui vient de chez mon petit boucher (le fameux petit boucher, celui qui élève des veaux dans des champs de pâquerettes et leur fait des câlins avant de les égorger avec tendresse)(le meurtre éthique = même combat que la publicité éthique CLIN D’ŒIL APPUYÉ AUX BLOGUEURS DONT LE MOINDRE PROUT EST SPONSORISÉ MAIS C’EST PAS GRAVE CAR ILS SONT TRANSPARENTS)(en plus, les ¾ du temps, ce petit boucher s’appelle Herta).

Bref, le végétarisme/végétalisme est un sujet qui me tient à cœur mais que j’évite en général. Pourtant, c’est pas le pire. En effet, attachez vos ceintures ; mesdames, messieurs, la prochaine fois, nous parlerons de féminisme

il m’a fallu pour récupérer mon mot de passe ? Au moins trois minutes (autant dire une éternité en temps Internet).

Mais ça valait le coup parce que j’ai une anecdote #mildlyinteresting à raconter (j’ai épuisé toute l’attention que pouvaient me donner mes proches avec des histoires de luminothérapie et de séries sur des anciens mafieux, je ne peux plus exiger de temps d’écoute, je suis donc obligée de me tourner vers l’INTERNET).

Dans la nuit de vendredi dernier, je me suis levée pour boire un verre d’eau (j’étais assoiffée car j’avais mangé trop d’olives dans la soirée). J’ai rempli mon pot (je bois uniquement dans un gros bocal de sauce tomate auquel j’ai retiré l’étiquette, ce qui est un immense sujet de discorde entre mon fiancé et moi : je trouve que c’est pratique car j’ai toujours soif et que je ne trouve jamais de verres assez grands et lui dit que c’est ridicule (surtout depuis qu’il a appris l’existence de la mode des Mason Jar, qui ne sont ni plus ni moins que des gros bocaux de sauce tomate vendus vides et très chers avec des pailles à rayures)). Bref, j’ai rempli mon pot et j’ai bu vite, très vite (en partie parce qu’ils n’avaient pas encore remis le chauffage dans mon immeuble).

A peine le pot reposé, j’ai commencé à me sentir mal, genre très mal. J’ai eu une bouffée de chaleur, j’ai aggripé une chaise et j’ai vaguement grogné NAEEUUUHOHHHON avant de m’affaler comme un gros sac de pommes de terre. Quand j’ai repris mes esprits, j’étais allongée par terre dans une flaque de bave et j’entendais mon fiancé me demander si ça allait (il a l’habitude, une fois, je me suis évanouie en voulant prendre un bain trop chaud). Je me suis relevée, j’avais mal au genou et à l’épaule mais rien de très grave.

Le vrai drame est arrivé plus tard. Quand je me suis réveillée le lendemain, j’avais une marque rouge sous l’oeil, pas très jolie mais assez discrète. 48h plus tard, le lundi matin, j’avais l’oeil d’un militant qui revient d’une manif anti G8. Comme c’était impossible de le cacher avec du fond de teint, j’ai décidé de mettre mes lunettes en espérant que ça ferait illusion au boulot.

BIEN SÛR QUE NON.

Je n’ai pas compté le nombre de blagues que j’ai entendu ce jour-là (mes préférées : les blagues sur les femmes battues, ce sujet tellement rigolo). Quand je suis rentrée, dépitée et dégoûtée de l’humanité toute entière (en même temps, c’est souvent le cas le lundi soir, oeil au beurre noir ou non), mon fiancé a essayé de me réconforter  mais il n’a pas réussi (il faut dire que depuis que c’est arrivé, il ne peut pas s’empêcher d’éclater de rire à chaque fois qu’il me regarde)(comment lui en vouloir ?). Je vais vous épargner le paragraphe sur Doctissimo qui m’a appris que j’en avais encore pour deux ans au minimum (sans compter l’ablation de l’oeil et les 30 000 € de chirurgie réparatrice) parce que c’est exactement le genre de gag éculé qui me donne envie de casser Internet. Toujours est-il que j’ai décidé de prendre les choses en main, d’être celle qui tire les ficelles de ma vie, de devenir maitre de mon existence et d’inventer à mon coquard un background un peu plus glorieux que je suis tombée après avoir bu un verre d’eau.

Pour l’instant, j’hésite encore entre j’ai trébuché en sauvant un chaton d’un immeuble en feu et je me suis intercalée dans une bagarre pour aider un petit enfant qu’on rackettait.

Je vous ferai savoir (ça sera peut-être j’ai sauvé la vie d’un chaton qu’on rackettait dans un immeuble en feu).

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