Les dauphins, non.

Ce matin, je me suis dit tiens, qu’est-ce que je pourrai faire pour mettre un peu de joie dans ma vie en ce lundi matin pluvieux ?

J’ai regardé mon portant à robes et l’évidence m’est apparue : je me suis dit je vais aller travailler en robe de soirée. Lundi matin, pluie… C’est la journée idéale pour mettre du bonheur dans le coeur des gens avec une éclatante éblouissance.

J’ai enfilé un soutien-gorge pourri (l’esprit carrie bradshaw est mort à jamais, i know, mais je reste envers et contre toute partisane de la bretelle de soutif qui dépasse et qui a rien à voir avec le reste)(je trouve ça touchant)(je suis une personne émotive)(émotive mais PAS déprimée) et une robe incroyable : taille empire (taille empire, en langue de bois, ça veut dire effet gros nichons), noeuds, froufrous..

Je me suis immédiatement transformée en scarlett johansson (cheap).

J’ai mis du fard à paupière vert sapin doré (c’est un fard à paupière qui est de couleur vert sapin et doré, c’est pour ça que je l’appelle comme ça), un collier de perles vertes (je suis très cliente du too much et du mauvais goût, j’aime le léopard et toutes ces choses vulgaires).

Je me suis regardée dans la glace et j’étais mignonne comme un haricot.

C’est à ce moment que j’ai eu un éclair de lucidité, je me suis dit poulette, tu es bien jolie mais pour aller travailler, c’est peut-être trop.

Dilemne, satanas, diabolo.

Retirer le collier de perles vertes c’était dire adieu à au moins la moitié de mon quota de magnificence, enlever le fard à paupières vert sapin doré, c’était tout simplement pas possible (il accroche bien).

Alors, je me suis dit, je vais juste calmer la chose.

J’ai enfilé des tongs vernies, un sweat pourri (pourri, oui, mais j’y ai accroché une broche panthère en or et strass swarovski malgré sa ringardise absolue et incontestable vaut à peu près trois mois de salaire (brut)).

Je dois dire que j’aurai pas volé ma photo sur face hunter.

Je suis sortie sous la pluie, fière comme un dartagnan, pour aller au métropico.

Au bout de quelques mètres, j’avais compris mon erreur : les tongs vernies, quand il pleut, c’est PAS bien. C’est comme si on m’avait étalé de la margarine sous les doigts de pied, chaque pas représentait un risque pour ma vie (repartir changer de chaussures, c’était la facilité, la médiocrité, or, je suis contre ces choses).

J’ai du clopiner clopin-clopant en claquetant des pieds et en caquetant de mécontentement.

Quand je suis arrivée (en retard), la présidence du monde m’a dit bah alors quoi oh là c’est quoi le problème ? C’est mes tongs, j’ai dit. Elle a regardé mes tongs, elle a levé les yeux vers ma robe et elle a dit ouah trop coule la classe trop bien (oui bon,la présidence du monde ne parle pas vraiment comme ça…).

Et puis, alors, là, y’avait une chute à cette histoire mais c’est trop long (maintenant, ça m’ennuie).

A MANGE SON VOMI.

Cette bête va mal.

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