Je suis allée au concert des vieux cailloux.
J’avais envie d’aller au cinéma, déjà tout vu ou rien à voir, un souvenir ému du Control de la division joyeuse, et une certaine sympathie pour Marty.
Je ne savais pas.
Dix premières minutes, c’était bien parti. Quand Marty, tout en lunettes et sourcils rencontre Micky, ses ridules et ses paillettes, moi je dis oui oui oui.
Et puis, non.
Les vieilles croûtes se sont mises à chanter.
Pas plus fan du groupe que des vieilles personnes, je me suis vite ennuyée. Le vieux pirate était dégoûtant (forcément) et le public ectoplasmique. Je me suis rendue compte avec effroi que ce n’était pas un documentaire que j’avais sous les yeux mais bel et bien un concert filmé et que j’en avais pour deux heures, au moins.
Des images d’archive, trop peu nombreuses, d’un Micky des plus joli, ont shinées parfois la très vacillante light. Mais, au bout de trois (très) longs quart d’heure, malgré l’apparition de Jacques Blanc le dodu et le jogging de l’incroyable Charlie W., j’ai bien falli m’en aller.
Puis il y a eu la magie.
Tout s’est éteint, ma torpeur aussi. La tension est montée, il va se passer quelque-chose, mais quoi.
Il s’est passé que la lumière est devenue rouge, que Micky a revêtu son manteau en poil de cochon et que le diable est devenu sympathique.
BON SANG, J’AI EU DES FRISSONS.
Tel le devil, l’icône a sautillé, transpiré, hurlé et moi, j’ai compris.
La suite a suivi, j’étais conquise, éblouie, ravie.
Satisfaction, quoi.



