du bureau hier soir, j’ai trouvé l’homme à l’anorak qui m’attendait dans la rue.

La journée m’avait laissé le temps de me résigner. Je me disais que, bon, il était peut-être sympa.

Il l’était effectivement.

Ça aurait donc pu être une bonne soirée s’il ne s’était pas pas révélé être également la personne la plus ennuyeuse du monde.

Nous sommes allés boire des cocktails dans un bar pas loin. J’en ai commandé deux, me disant que le temps passerait plus vite si j’étais saoule (ça n’a pas été le cas), et je les ai choisis très chers parce que, de toutes façons, je n’avais pas l’intention de payer (quitte à devoir le rembourser en couchant avec lui)(ça va parce qu’il est plutôt très beau)(mais quand même moins que l’intégriste)(dis comme ça, ça fait un peu pute mais il faut plutôt le voir comme un deal win-win :  2 cocktails  à 16 euros contre du sexe, ça fait le rapport (pas all inclusive, plutôt demi pension) à 32 euros, ce qui est un bon prix, étant donné que je ne suis pas un super coup (je suis plus douée à Bomberman)).

Il m’a décrit son boulot dans une boîte de prod, j’ai rien compris (j’étais saoule). Mais comme il portait un pull H&M et que j’ai pas vu de billets de 500 dépasser de son porte-feuille, je me suis dit qu’il devait pas être Maître du Monde, plutôt genre webmaster, en vrai.

Au début, il me parlait un peu comme si j’étais teubê (c’est le problème quand on est une fille : ce sexe est trusté par une minorité visible de dindes et autres oies (si on en croit les magazines féminins ou les blogs de filles, le deuxième sexe passe son temps à se tartiner de crème Nuxe et d’ombre à paupières MAC en lisant Twilight ou Katherine Pancol, en écoutant Coldplay ou Katy Perry et en regardant How I Met Your Mother ou des films avec Drew Barrymore… c’est assez triste)(à la décharge de l’homme à l’anorak, j’avais une mini-robe rose Zadig & Voltaire et des chaussures à paillettes, ce qui peut prêter à confusion).

Bref, j’ai fait quelques efforts pour lui prouver que, non, je n’étais pas décérébrée (j’ai notamment résolu une équation à 4 inconnues en moins de 2 minutes et refait de mémoire sur la nappe la classification périodique de Mendeleïev) et après je l’ai laissé parler.

Il m’a raconté qu’il avait a-do-ré Benjamin Button.

Ça m’a énervée mais pas tellement étonnée parce qu’au final ce film est à son image : CHIANT.

Ensuite, tous les clichés y sont passés : Slumdog Millionaire, c’était magnifique,  Gran Torino, c’était émouvant, Mickey Rourke était génial dans The Wresler, Morse est un chef d’oeuvre, Jenifer Aniston est une conne… Même si j’étais assez d’accord avec les trois dernières affirmations (les autres, je vous en parlerai peut-être plus tard : je suis en train d’élaborer une théorie sur la grande conspiration des critiques ciné), je lui en ai un peu voulu de m’entraîner dans ce ramassis de banalités.

Après, ça allait un peu mieux parce qu’il m’a parlé de Dead Set.  J’ai dit  TROBIEN Dead Set, des zombies et de la real TV, c’est ce qu’il y a de plus cool AU MONDE !

Il a dit pareil que moi mais je le soupçonne de n’avoir pas vu cette série et d’avoir approuvé mon opinion dans un but tactique (useless, mais il ne pouvait pas le savoir).

Cinq minutes plus tard, je me suis sentie mal à cause des deux cocktails (je n’ai pas l’habitude d’en boire, je préfère l’Ice Tea) alors j’ai dit que j’allais rentrer.

Il m’a raccompagnée jusqu’au métro.

J’ai senti venir les adieux interminables et la situation inextricable du face-à-face avec un mec qui veut choper mais qui n’ose pas alors qui parle, parle, parle. Du coup, pour m’épargner ces douloureuses minutes,  j’ai pris les devants et je lui ai roulé une grosse pelle.

Forcément, il était content.

Forcément, une heure après, il m’a envoyé un texto  : Géniale cette soirée, j’espère qu’on remettra ça bientôt. Bisous, Francis.

Sur une échelle de 1 à 10, mon envie de le revoir ne va pas plus haut que 4.

Malheureusement, mon incapacité à rompre avec les gens ne me laisse pas le choix.

Infligé par Simone et WordPress | Design Roy Tanck