je n’avais rien à faire. L’intégriste avait prévu de regarder du foot ou je ne sais quoi, ma coloc n’était pas là et Pompom, je ne l’aime pas.
Du coup, j’ai répondu à l’un des sept textos que m’avait envoyé Francis entre hier et aujourd’hui. J’ai écrit : ok mais du jap’ (à cause des protéines dans le poisson cru). Il m’a donné rendez-vous à Opéra.
Je n’ai pas mis de jolis vêtements car je n’avais pas envie que ma tenue devienne prétexte à fantasme (nous, les gens très beaux, avons de vrais problèmes). En fait, je me suis habillée comme quand je vais courir. J’ai aussi mis du gloss très gluant histoire d’avoir un prétexte pour ne pas l’embrasser.
Lui par contre était très élégant. Il portait un pull en cachemire (c’est peut-être le plus mauvais argument pour être sexuellement attiré par quelqu’un et, pourtant, chez moi cela fonctionne parfaitement)(c’est trop DOUX et trop CHAUD) et était bien coiffé. Bien sûr, il avait son anorak (heureusement d’ailleurs car sinon je ne l’aurais peut-être pas reconnu en sortant du métro : son physique avantageux n’arrive pas à éclipser la banalité qui émane de sa personne, au final, il est assez transparent).
Il m’a emmenée dans un resto lounge. J’ai pris des sashimis et c’était vraiment très bon. J’y serais volontiers retournée avec l’intégriste si ce dernier aimait le poisson.
Comme Francis avait épuisé tous ses clichés sur le cinéma lors de notre dernière rencontre, il s’est attaqué cette fois à la littérature. Voyant l’horreur arriver, j’ai commandé des shots de saké. La platitude de la conversation de ce garçon finira par me rendre alcoolique.
Je l’ai cependant jugé un peu vite. Il s’est avéré plus intéressant que le jeudi précédent. Nos goûts sont diamétralement opposés mais il a pas cherché à m’épater en me parlant de trucs qu’il aurait lu pour faire genre. Le sujet avait l’air de vraiment le passionner et le rendait donc un peu plus passionnant. Enfin, n’exgérons pas non plus. A un moment, il m’a quand même demandé si je connaissais Bret Easton Ellis. Pour rigoler, j’ai dit non. Malheureusement, il m’a crue. C’était très gênant.
Quand on a eu fini de manger, il m’a proposé d’aller se balader dans Paris. J’ai dit non (j’avais trop froid). J’ai proposé qu’on aille chez lui.
J’avais un plan.



