aller acheter des Michoko, j’ai trouvé Francis devant l’immeuble de l’agence. Il m’attendait pour me proposer d’aller déjeuner avec lui.
Honnêtement, à moins de niquer dans les toilettes d’une brasserie cheap remplie de commerciaux en repas d’affaire (et ça me fait assez peu rêver), manger avec lui, c’est subir ses inconvénients sans ses avantages : il parle, il parle, il parle et reste habillé. J’ai refusé.
Il a insisté.
J’ai voulu tenir bon mais il a fait la même tête que Pompom quand il réclame du fromage blanc (c’est les seuls moments où cette pauvre bête arrive à exprimer une émotion) alors j’ai cédé : on a été dans un resto, un qui fait les pintes à 2 euros
J’ai pris une assiette de charcuterie (je n’ai pas mangé le jambon, ça ressemble trop à de la peau humaine), une bavette à la sauce je sais pas quoi, une double ration de frites, une crème brûlée et un chocolat liégeois (je n’ai pas su me décider). Francis a mangé une salade niçoise. Il était étonné qu’une personne aussi petite que moi puisse avaler autant de choses. Pour le rassurer, je lui ai raconté que je n’avais pas mangé le matin (c’était faux : j’avais avalé deux bols de Frosties et à peu près 15 litres de jus d’orange)(j’ai besoin de beaucoup de calories car je réfléchis beaucoup).
Il m’a parlé de sa vie. Quand il était plus jeune, il faisait du basket en club. Il déteste le surimi, surtout les Petits Coraya et il a un furet qui s’appelle Chaussette.
Pendant le temps que j’ai passé à ne pas l’écouter, je me suis demandé combien de temps son (énorme) qualité arriverait à compenser tous ses défauts (quelqu’un qui n’aime pas les Petits Coraya, c’est quelqu’un qui n’a pas d’âme).
Résultat, je ne sais pas combien de temps je vais tenir avant de lui dire ce que je pense (il est ennuyeux autant qu’elle est grosse).
Quand on s’est quittés devant la porte de l’immeuble, il m’a dit qu’on se verrait ce soir.
Ah bon.



