où le cinéma coûte trop cher et où il n’y a qu’une librairie (deux si on compte l’espace culturel de chez Leclerc mais il faut y aller en voiture et je ne sais pas conduire).

Quand je suis au bout de l’ennui, je vais y traîner. Elle est assez grande et y’a même un coin presse. Le seul problème est qu’il faut y affronter le regard accusateur de la vieille caissière : tout à l’heure, j’ai acheté Mad Movies et j’ai lu dans ses yeux que pour elle, c’est comme si j’achetais un magazine de porno allemand.

Dans l’espace livres, par contre, le libraire est assez sympa. Sympa dans le sens où je peux regarder et feuilleter tout ce que je veux sans qu’il cherche à faire la conversation. Sauf aujourd’hui : ça m’a un peu étonnée mais il m’a parlé.

Vous marchez à l’envers, il m’a dit.

Pardon ? 

Vous marchez à l’envers, il a répété.

D’abord, j’ai cru que c’était une espèce de métaphore pour me dire que j’étais pas comme les autres, qu’il voyait en moi un truc spécial et que, bah tiens, on avait qu’à coucher ensemble (je suis un peu érotomane). Du coup, j’ai rien répondu et j’ai continué à me balader autour des tables.

A l’envers.

Littéralement.

Quand je m’en suis rendue compte (après 2 minutes et un tour de table)(à l’envers donc), j’ai compris que non, il n’entretenait aucun désir salace à mon égard, mais qu’il énonçait juste une vérité factuelle totalement dépourvue d’intérêt.

Mine de rien, j’étais un peu déçue.

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