Ça veut dire que j’ai trempé, rincé et fait cuire du riz, préparé de l’assaisonnement, coupé des milliers de trucs en lamelles et passé 2h14 (soit la durée exacte de Rosemary’s Baby)(ça a été particulièrement long parce que ce film possède quelques bons passages qui méritaient toute mon attention) à rouler et découper le tout.

Au final, j’ai obtenu une bonne soixantaine de makis QUI AVAIENT L’AIR BONS.

Évidemment, c’était pas tout pour moi (une fois,  suite à un pari, j’en ai mangé 26 : maintenant, je sais où sont mes limites), c’était aussi pour l’Intégriste, pour ma coloc et pour Freddy.

J’avais prévu qu’on les mange tous ensemble le soir mais j’ai donné une autorisation exceptionnelle à Freddy pour qu’il en prenne quelques-uns le midi. Comme je n’étais pas là quand il les a goûtés, il m’a envoyé un texto la bouche pleine pour me dire qu’il se régalait. Bien sûr, ça m’a fait très plaisir et, surtout, ça m’a donné encore plus envie de tester à mon tour ces makis dont la confection m’avait pris la matinée.

Je n’ai pas été déçue.

Quand on est arrivés à l’appartement, avec ma coloc et l’Intégriste, on était si affamés qu’on a à peine remarqué qu’il flottait une odeur bizarre. On s’est installés puis je suis allée à la cuisine. La puanteur m’a alors sautée au nez. Je n’ai pas mis longtemps à en trouver la source : dans leur assiette posée sous la fenêtre, en plein soleil, mes jolis makis étaient tout flétris. Même Pompom n’osait pas s’en approcher.

Un seul coupable possible, toujours le même, le garçon qui ne connait pas plus l’usage du liquide vaisselle que celui du frigo.

Cette fois, la guerre est déclarée.

Dedans, y’a une piscine avec vue sur l’océan (je le réécris pour le plaisir : une piscine avec vue sur l’océan)(encore une fois : une piscine avec vue sur l’océan), un spa trop TERRIBLE, une salle de sport qui contient l’intégralité du catalogue fitness M6 Boutique, un salon lounge avec des cocktails encore plus chers qu’au bar du Ritz et une salle de jeu avec une Wii.

Avant de faire ma réservation sur Internet, j’ai appelé la réception pour avoir quelques renseignements. J’ai demandé si la piscine était ouverte toute la nuit, s’il fallait réserver les massages longtemps à l’avance, si les frigos dans les chambres étaient grands (sans mes réserves de Coca, je ne me sens pas bien) et s’ils avaient Rock Band Beatles.

On l’a acheté ce matin, elle m’a répondu la standardiste.

Hmmm, j’ai fait. Et ça serait possible de le cacher pendant mon séjour  chez vous?

Elle a dit euh oui mais elle avait l’air un peu intriguée. Du coup, je me suis sentie obligée de me justifier et de lui expliquer que,  si jamais il tombait sur ce jeu,  le garçon qui m’accompagnait ne voudrait plus sortir de l’hôtel.

Elle a ri et elle a dit qu’elle aussi elle avait un petit garçon et que ouh là là, heureusement qu’ils sont mignons parce que qu’est ce qu’ils peuvent canailles dès foi, il a quel âge le vôtre?

Je n’ai pas osé lui dire qu’il avait trente ans.

et y’avait personne chez moi (mon appartement, c’est un peu la loterie ;  soit je reviens et je trouve trente personnes en train de parler en américain dans mon entrée ; soit je suis seule pendant plusieurs jours avec aucune idée d’où sont passés les gens censés vivre avec moi).

Bref.

Toute la journée, je me suis inquiétée pour la patte de mon petit Pompom. Ce midi, j’ai même failli passer pour voir s’il allait bien…. FAILLI : je ne l’ai pas fait et j’ai eu raison : quand je l’ai retrouvé tout à l’heure, il était en train de faire caca sur mon balcon en me regardant d’un air benêt dans lequel ne transparaissais aucun souvenir du drame de la matinée.

Je me suis alors souvenue de pourquoi je n’aimais pas trop cet animal (IL EST TROP BÊTE).

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