Ça, c’est pas très grave.
Ce qui l’est, par contre, c’est que c’est toutes des supercuisinières, du genre à ne pas paniquer quand elles lisent des trucs comme faire suer les poireaux dans une recette (sérieusement, QU’EST-CE QUE ÇA PEUT VOULOIR DIRE?).
L’autre jour, elles ont fait à l’Intégriste : et toi, tu cuisines pas ?
Ben non.
Ça a pas du leur plaire puisqu’elles ont continué. Alors, c’est ta copine qui fait à manger ?
L’Intégriste, il ne sait pas trop mentir (c’est sûrement son plus gros défaut), alors il a avoué que non.
Quand il m’a raconté ça, mon orgueil en a pris un coup.
J’ai solennement juré que j’allais faire des cookies – et pas n’importe quels cookies, non, LES MEILLEURS COOKIES DU MONDE -, que je les glisserai dans sa lunch box et qu’ainsi je prouverai à toutes ses collègues que oui, moi aussi, je sais mélanger des oeufs avec de la farine.
Sauf que.
Dans la première fournée, j’ai voulu mettre du caramel (très, très mauvaise idée).
Dans la deuxième, j’ai oublié le sucre.
Dans la troisième, j’ai mis tout ce qu’il fallait mais j’ai laissé le four allumé pendant au moins 50 pages de Jean-Paul Dubois (je pense que le temps de cuisson normal tourne plutôt autour de 20 pages).
J’ai pas eu le courage d’en préparer une quatrième.
Du coup, dans la lunch box de l’Intégriste, j’ai plié un billet de cinq dans un petit mot expliquant qu’il pouvait s’acheter le goûter qui lui ferait plaisir à condition qu’il dise à tout le monde que c’est moi qui l’avait fait.
Pas de doute, je ferais une très bonne mère.



