Hier soir, je me suis fait une promesse : je me suis dit que quoiqu’il arrive, inédit de New York Unité Spéciale ou émission de télé-réalité avec des nains handicapés, je me coucherai avant une heure du matin, donc assez tôt pour récupérer de mon début de semaine de débauche (lundi, j’ai regardé des épisodes de Party Down toute la nuit et mardi, j’ai bu au moins deux panachés).
A 23h40, soit moins de deux heures après avoir signé un pacte avec mon sang, ma salive et mes glandes sébacées, je me suis mise en pyjama pour lire un Dan Fante. C’était mon premier et c’était plutôt chouette même si j’ai pas retrouvé la classe d’Arturo Bandini (Dan Fante, c’est plutôt Bernard Gredin).
Après, j’ai regardé l’heure et il était 00h50. Il me restait dix minutes et je les ai mises à profit pour commencer La Télévision de Jean-Philippe Toussaint. Juste quelques pages, pour voir, et pas me coucher trop tôt non plus (trop dormir m’angoisse, ça me donne l’impression de perdre du temps que je pourrais utiliser de façon plus constructive)(en jouant à Final Fantasy, par exemple).
Toussaint, j’avais jamais lu mais l’Intégriste m’avait mise en garde. Tu vas pas aimer, il avait dit. D’habitude, ça m’agace un peu qu’il sache à l’avance ce que je vais penser mais l’épisode du Ne pas toucher d’Eric Laurrent m’avait rendue plus indulgente. Quand je l’avais acheté, il m’avait dit tu vas voir, le style est très précieux, tu ne pourras pas à le lire sans dictionnaire et, sur le coup, ça m’avait pas plu qu’il me prenne pour une idiote…. Mais après, j’ai été obligée de reconnaître qu’il avait raison (honnêtement, qui sait ce que ça veut dire faguenas ou safre ?)(pas moi).
Alors cette fois, même si c’était encore un peu énervant d’avoir des goûts si prévisibles, j’avais plus ou moins admis que je n’allais pas aimer Jean-Philippe Toussaint.
Comme j’ai eu tort.
J’ai tout lu d’une traite, complètement soufflée (et essoufflée parce que ça m’a fait beaucoup rire) et après, j’ai passé des heures à chercher des critiques de tous ses autres titres sur l’Internet.
Alors, certes, aujourd’hui je le paye en bâillements mais je crois que le moment où je pourrai dire à l’Intégriste TU AVAIS TOUT FAUX TÊTE DE NOEUD vaut toutes les nuits blanches du monde.



