J’y suis allée toute seule parce que le seul ami que ça aurait pu intéresser, c’est l’Intégriste et que si c’était pour qu’il passe une demi-journée à m’engueuler parce que je gloussais devant Bernard Werber, merci bien.
Je suis arrivée vers 13h30 et j’ai été accueillie par Philippe Manoeuvre (je ne sais pas trop ce qu’il faisait là). Comme les rockeurs, ça ne m’intéresse pas trop (je les trouve sales), j’ai continué tout droit, jusqu’à ce qu’un groupe de vieilles personnes m’empêche d’avancer. D’après ce que j’ai pu voir (supposition : comme je suis une petite personne, j’ai une visibilité réduite en situation d’attroupement), elles attendaient des dédicaces de Giscard d’Estaing (l’homme qui écrit blue jean dans ses romans)(c’est vrai : je l’ai entendu au Masque et la Plume).
Pas très loin, y’avait Jean-Pierre Mocky et c’était chouette parce que Jean-Pierre Mocky, j’ai beau connaître aucun de ses films, depuis que j’ai vu ça, j’ai envie de l’aimer (d’ailleurs, je regrette un peu de pas avoir osé le prendre en photo)(j’avais peur qu’il me casse la gueule).
Après, fini la rigolade, j’ai commencé à chercher le Pavillon des 30 ans, histoire de repérer les lieux pour assister à une conférence un peu plus tard. Raconté comme ça ça fait prévoyant et organisé sauf que c’est en trouvant ce foutu Pavillon que je me suis rendue compte que je m’étais trompée d’heure (ces histoires d’heure d’hiver et d’heure d’été, ça me dépasse complètement)(de toutes façons, dans mon coeur, il est toujours midi) et que c’était commencé depuis une demi-heure.
Le thème était vague et pompeux (c’est ça la culture) : Femmes et roman. Moi, j’y allais surtout pour voir Patricia MacDonald parce que j’ai lu TOUS ses bouquins quand j’étais ado (c’était ma période Mary Higgins Clark)(ça va mieux maintenant). Elle avait l’air un peu plus vieille que sur les quatrièmes de couverture, mais dans le sens sage et avisée (ou résignée si on est moins optimiste). Son français était impeccable. Cela dit, celle qui a fait le show, c’était Ken Burgul, une femme de lettres sénégalaise (j’ai wikipédié, je ne savais pas qui c’était) qui a fait plein de blagues féministes qui nous ont tous fait rigoler (sauf les garçons).
La deuxième conférence que je voulais voir, c’était juste après : Personnages ordinaires, situations hors-normes avec Jean-Marie Blas de Roblès, Patrick Rambaud et Daniel Kehlmann (qui parle moins bien français que Patricia MacDonald)(comme quoi). Celui que j’avais surtout envie d’écouter, c’était Olivier Adam (les barbus aux cheveux bouclés, ça me fait quelque chose). J’ai été un peu déçue: certes, il portait une chèche (tous les écrivains sérieux portent une chèche) mais il avait pas l’air content d’être là. Y’avait des dizaines de personnes qui étaient venues pour l’entendre et lui il était grognon comme tout, j’ai pas trouvé ça très sympa (c’est pas parce que ton héros est interprété par Kad Merad qu’il faut devenir prétentieux)(au contraire).
Après, je me suis retrouvée sur le stand du Dilettante. Un sosie de Jean-Pierre Coffe portait une veste en tweed avec des coudières en cuir (c’est exactement l’image que je me fais du look d’un éditeur) et surveillait d’un oeil à la fois bienveillant et intéressé une Anna Gavalda qui dédicaçait à la chaîne (c’est exactement l’image que je me fais de l’attitude d’un éditeur).
Comme j’avais perdu mon plan, ensuite, je me suis baladée un peu au hasard. J’ai vu plein d’écrivains et de gens connus. J’ai écouté Marie Darrieusecq lire un extrait de son dernier roman et, LE HASARD FAIT BIEN LES CHOSES, je suis tombée nez à nez avec Guillaume Musso.
Il était extraordinaire. Joufflu, riant, sympathique, Rollex en or massif et putes de l’Est, l’incarnation du rêve américain (et puis, c’est lui qui avait la plus grosse queue).
C’est devant son stand (un merveilleux point de rendez-vous, n’est-ce pas) que j’ai retrouvé Alexandre que j’ai emmené à la lecture d’Annie Ernaux (j’étais venue à 85% pour elle). Elle a lu plusieurs passages de Les Années et c’était magnifique (FORCEMENT). La seule chose un peu décevante, c’est qu’il y avait plus de personnes qui voulaient rencontrer Patrick Sébastien, Eric Zemmour ou Akhenaton qu’Annie mais bon, je crois qu’on ne pourra jamais empêcher les gens d’être idiots (je dis ça mais j’ai passé une demi-heure à essayer de faire un portrait d’Akhenaton)(ah, NTM, c’était quelque chose).
Après, je sais plus ce qu’il y a à raconter. J’ai vu Nicolas Rey mais j’ai pas osé m’approcher (souvenir douloureux de cette dédicace avec Philippe Jaenada pendant laquelle j’avais à peine réussi à bredouiller trois mots)(mais c’était quand même chouette) et puis j’ai bu des bières (deux!).
Au final, mon seul regret, c’est de pas avoir trouvé le stand où y’avait Françoise Sagan (en fait, je crois qu’elle ne dédicace pas le week-end).



