rempli de romans d’anticipation, du Bradbury, de l’Asimov, du C.Clarke, du Simmons, du Ballard, du Simak ou du K. Dick publiés dans les collections qui n’existent plus aujourd’hui, Le Rayon Fantastique chez Gallimard, Anticipation chez Fleuve Noir ou Présence du Futur et ses couvertures pop chez Denoël.
Elle m’a toujours laissé piocher dedans autant que je le voulais (cette absence de censure aura eu raison de ma douce innocence), si bien qu’entre 11 et 15 ans (après, mes seins ont poussés et j’avais mieux à faire), j’ai découvert la science-fiction.
Le roman qui m’a le plus marquée à l’époque, c’était un Sturgeon paru dans la collection Titres SF de chez Lattès (elle aussi disparue), un petit chef d’oeuvre qui dépasse largement les limites de la littérature de genre (il faut lire Sturgeon, c’est très très bien)(et puis honnêtement quoi de mieux que de l’anticipation rétro?)
(Peut-être les Gervita Fraise Melba).

Ses pages sentent encore comme ce coffre que ma mère tenait de son oncle préféré (je me souviens du plâtre qu’il avait autour du bras (comment avait-il réussi à le mettre à l’intérieur?) et de mes cousins qui lui demandaient comment c’était de piloter un avion pendant que je faisais manger des boutons d’or à la tortue qu’il avait dans son jardin).
Il sent les années 80 qui sentent encore les années 70, quand on mettait les vieux cols roulés hérités du fils de Nathalie, que mon père écoutait les Stones, les Who et Jimi Hendrix et commençait seulement à acheter ses premiers albums d’Iron Maiden, que tout le monde fumait sous la boule disco du salon de mes grands-parents et que Tata Agnès sortait avec cet barbu trop gentil que j’aurais tellement aimé avoir à tous mes anniversaires.
Il y a quelques semaines, ma mère a jeté le coffre (il avait pourri) et la moitié des livres qui étaient dedans (même ceux qui avaient encore l’inscription Ce livre appartient à Nelly C., Lycée Clémenceau), c’est tellement dommage.