la piste du dermato.
En fait, je crois qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour qu’il m’invite en week-end à l’Hôtel du Palais à Biarritz.
L’autre jour, j’y allais pour un problème bénin (mais néanmoins honteux). Après m’avoir examinée de très (très) près, il a commencé à me parler de contraception (des histoires d’hormones ou je ne sais pas trop, c’est des choses qui me dépassent). Quand j’ai dit que j’en prenais pas vraiment, il a pris un ton de dealer de crack et il m’a demandé si ça m’intéresserait. Honnêtement, si j’en avais besoin, je ferais sans doute pas autant de sport mais comme je pouvais pas lui dire ça, j’ai marmonné un petit oui.
Ensuite, il m’a prescrit une crème en me disant de faire attention parce que sur les peaux très claires, ça pouvait picoter un peu, surtout avec des yeux bleus. Puis, il a froncé un peu les yeux et s’est un peu penché vers moi pour ajouter ou d’un joli vert, comme les vôtres.
C’était encore plus intense qu’une vidéo de hauling Sarenza (c’est la chose qui me met la plus mal à l’aise au monde)(et pourtant, j’ai vu tous les films de Michael Haneke). J’aurais sans doute pu conclure à ce moment-là mais 1) il portait une chemisette 2) j’étais pas sûre de mon haleine (falafel, petite boulette aussi délicieuse que TRAÎTRE).
Après coup, je regrette un peu, surtout quand je pense aux économies que j’aurais pu faire (vous savez combien coûte une consultation en dermato? et une crème non-remboursée?)(à peu près le prix de mes escarpins beiges vernis de rêve, les plus ravissants souliers que j’ai jamais vus)(finalement, je suis peut-être mal placée pour me moquer des vidéos de hauling)(on est bien peu de chose).
Bref, tout ça pour dire que dans mon petit cerveau maniaque, désormais, dermato = escarpins vernis. Je suis sûre qu’il me suffirait de pas grand-chose, par exemple, un Wonderbra et quelques minauderies (ne sous-estimons jamais le pouvoir du duo gloussement/secouage de cheveux : c’est comme ça que j’ai eu mon permis)(qui ne me sert d’ailleurs à rien puisqu’au final, je ne sais pas conduire).
Le problème, c’est que je n’ai pas les moyens de prendre rendez-vous pour une nouvelle consultation. Pour l’instant, la seule idée que j’ai eue, c’est de traîner le plus souvent possible au bar en bas de son cabinet (c’est pas un très gros effort parce que c’est déjà plus ou moins ce que je fais naturellement). Malheureusement, ça n’a pas encore porté ses fruits (je commence à soupçonner l’existence d’une porte dérobée lui permettant de ses soustraire au harcèlement de ses patientes folles).



