m’a fait gonfler comme une grosse outre.

Quand je le lui ai dit, il a répondu que je devais quand même la prendre jusqu’à la fin de la plaquette, ce que je n’ai évidemment pas fait (honnêtement, entre être grosse ou être malade, je n’ai pas hésité longtemps)(quand j’ai une montée de nausées de l’espace, je regrette).

Résultat, il trouve que je suis inconsciente et moi, même si je n’ai pas fait 11 ans de médecine (enfin, avec 15 saisons d’Urgences option forums Doctissimo, c’est comme si j’avais une équivalence), je pense qu’il aurait du me demander des tests sanguins avant de me refiler n’importe quoi.

Or, tous les épisodes de Grey’s Anatomy l’illustrent, s’il y a bien un truc qui énerve les docteurs, c’est qu’on leur dise quoi faire alors qu’on a même pas sa L1 Santé (si je devais faire le même cinéma à chaque fois que je reçois un mail dans lequel on me signale mes fautes de conjugaison (=7 fois par jour), je passerais mon temps recroquevillée sur mon lit à maudire la terre entière)(c’est ce que je fais quand ma Freebox rame trop et que je ne peux pas regarder le replay des Anges de la Téléréalité).

Bref, j’ai dit que si c’était comme ça, j’allais aller voir un autre médecin. Il a répondu c’est ça ouais, t’as raison et ça m’a tellement énervée que j’ai dit que j’allais le chercher sur Adopte un Mec.

La prochaine fois, je prendrais un chirurgien esthétique pour avoir des nibards gratuits.

(son salon fait à peu près trois fois la taille de mon appart)(et je le soupçonne de posséder un hélicoptère) alors que j’étais un peu barbouillée (je venais d’aller voir Kung Fu Panda et comme c’était mercredi après-midi, la salle sentait le prout d’enfant)(et, accessoirement, j’avais mangé sept Balisto).

Quand je lui ai dit que je me sentais pas très bien, il a voulu que je mange quelque chose (je ne lui ai pas parlé des Balisto)(une règle : ne JAMAIS avouer). J’ai essayé de résister mais il a tellement insisté que j’ai fini par céder… à la condition qu’il me fasse le seul truc dont j’avais à peu près envie : un oeuf à la coque.

Attention, pas n’importe quel oeuf à la coque : j’ai usé de la technique Super Nanny (main ferme sur l’épaule + eye contact)  pour lui expliquer que je voulais un oeuf bien cuit et que, si je trouvais pas mon oeuf assez cuit, ça risquait de mal se passer.

Il a dit ok et il est parti dans la cuisine. J’ai pris sur moi pour pas m’interposer entre lui et le minuteur. J’ai eu tort. Quand il est revenu et que j’ai ouvert mon oeuf, j’ai découvert un amas de glaires blancs dégueus… EXACTEMENT CE QUE JE DETESTE.

La fureur du dragon est montée en moi.

Je le mangerai pas.

Hein?

Je le mangerai pas.

Ho, c’est bon quoi, ça va, il a fait en soupirant.

Ho, c’est bon quoi, ça va? HO, C’EST BON QUOI, ÇA VA???!

Mes mains se sont mises à trembler et mon sang a fait assez de tours pour transformer ma voix d’écureuil en celle d’un chef d’escadron du GIGN.

D’une, tu ne me parles pas sur ce ton. De deux, tant qu’il sera pas plus cuit, je ne mangerai pas cet oeuf.

Ça a fait son petit effet. Il a pris l’oeuf, l’a emporté dans la cuisine et, quand il est revenu un peu plus tard, la cuisson était parfaite.

cette fois, je n’avais plus d’excuse pour ne pas manger. J’ai pris ma cuillère et j’ai entrepris de percer le jaune. C’est à peu près à moment-là que tout a commencé à se dérouler au ralenti. Il y a d’abord un gros bruit sourd. Puis, une énorme explosion d’où ont jailli des centaines de miettes de jaune et de blanc. J’en avais partout, dans les yeux, dans les cheveux, dans le nez.

J’ai tellement eu peur qu’il m’a fallu quelques secondes pour reprendre mes esprits et lui demander ce qui s’était passé.

C’est là qu’il m’a avoué avoir passé l’oeuf au micro-ondes.

AU MICRO-ONDES.

Finalement, cet homme est peut-être moins soumis que ce que je pensais.

de séries aujourd’hui (et accessoirement cesser de vivre en pyjama et de me nourrir exclusivement de Sveltesse au chocolat (je ne me souviens plus de la vie avant les Sveltesse au chocolat)(elle ne valait sans doute pas le coup d’être vécue)) et, surtout, arrêter de repousser sans cesse ma déclaration Pôle Emploi et sa triste conséquence :  l’envoi de mes factures au centre informatique d’Evreux (Evreux = Vincent Delerm + porc au soja > déprime rien qu’à l’idée d’écrire l’adresse sur l’enveloppe).

Ma plus grande crainte c’est que, là-bas en Normandie, Nadine Ordinateur et Odile Stylo ne se moquent de moi en ouvrant mon courrier ( »non mais regarde cette grosse moule, elle a même pas facturé 800 euros ce mois-ci ») ou, pire, qu’elles signalent une erreur (car il y a TOUJOURS une erreur :  l’administration fiscale établit des règles aussi compliquées qu’insensées afin d’avoir un moyen de pression sur tous ceux qui n’ont pas un doctorat en économie appliquée) et me radient à tout jamais du Pôle Emploi, me condamnant ainsi à venir travailler moi aussi au centre informatique d’Evreux (c’est comme ça qu’ils recrutent : on fait un faux pas (l’achat d’un livre de George Orwell sur Amazon ou un message trop enthousiaste sur un forum de cuisine altermondialiste) et ils nous traquent, trouvent la faille et nous font venir à Evreux)(avant de travailler pour Pôle Emploi, Nadine Ordinateur portait des pantalons en chanvre et se faisait régulièrement des teintures au henné, quant à Odile Stylo, elle s’est fait épingler après une mauvaise micro-critique du dernier single de Carla Bruni sur Twitter).

Infligé par Simone et WordPress | Design Roy Tanck