mais j’ai enfin gagné une partie de Civilization en mode divinité (finalement, c’est faisable, il faut simplement prendre le temps de lire une trentaine de guides stratégiques, L’Art de la Guerre de Sun Tzu, les oeuvres complètes de Cicéron et les mémoires du Général De Gaulle)(j’imagine que ça en dit long sur ma vie sociale).

Blog pas mal mais manque de pâté

J’ai toujours eu un côté sombre, une facette un peu borderline se manifestant par une attirance certaine pour les pantalons pattes d’eph, les tissus bariolés, les albums de The Mamas & The Papas et les théories mystiques farfelues.

Jusqu’à présent, ce qui m’a évité de basculer, c’est sans doute une passion sans limite pour les dos-nus en lamé or, les films ultra-violents et les lingettes nettoyantes jetables (celles qui contaminent un bébé dauphin avec la syphilis à chaque utilisation).

Pourtant, depuis quelques mois, c’est la descente aux enfers.

Ça a commencé le jour où une copine m’a raconté des horreurs sur le saumon de Norvège, ce poisson au génome aberrant élevé dans des camps de concentration aquatiques et nourri au poopoo radioactif. Epouvantée, dans les jours suivants, j’ai regardé assez de documentaires alarmistes pour développer une allergie au sirop de maïs et à l’huile de palme. C’est à peu près à ce moment-là que j’ai commencé à dépenser l’intégralité de mes Assedics chez Naturalia (dire qu’avant, je trouvais que faire ses courses à Monoprix, c’était cher). Les premières semaines, j’ai réussi à rester soft  mais, peu après, je suis tombée dans le piège du tofu, des graines germées et du muesli maison. Mon hippi-o-mètre s’est alors mis à clignoter en rouge : le combat alimentaire était perdu. Ma mère a cru que j’étais entrée dans une secte et mes amis ont eu peur que je me fasse faire des tresses africaines ou que j’achète un djembé sur Le Bon Coin. Tout semblait prouver que je ne pouvais pas tomber plus bas.

Et puis, j’ai acheté de la sauge.

C’est plein de vertus la sauge. C’est antiseptique, antispasmodique, digestif, tonique, diurétique, fluidifiant… Le problème, c’est que ça a un goût de pipi de mémé. J’ai vite compris que je pourrais pas en faire des infusions, alors, j’ai cherché une autre utilisation.

A CE MOMENT DE L’HISTOIRE, NOUS POUVONS COMMENCER A BLAMER INTERNET.

Quand j’ai livré mes doutes et mes incertitudes à Google, il m’a entraînée dans un endroit plein de gifs animés de fées clignotantes, de pseudos médiévo-gnagnans et d’extraits de paroles de Coldplay en signature… Pas la bouche de l’enfer, mais presque : UN FORUM DE RECETTES DE COSMETIQUES FAITS MAISONS.

Forte d’une expérience de plusieurs semaines en boutiques bio, je ne me suis pas laissée démonter. Ça m’a demandé quelques efforts d’adaptation mais, après avoir surmonté la barrière des smileys épileptiques, j’ai réussi à fabriquer une lotion à la sauge qui, malgré son odeur de vieux slip, m’a redonnée une peau de bébé.

Je préfère ne pas trop m’étendre sur la suite car c’est vraiment très moche (ça implique notamment une crème à l’huile essentielle de Patchouli).

D’après ma copine Soso (la personne qui prend deux bain par jour et jette ses piles usagées dans la poubelle jaune), je suis définitivement perdue. Il y a donc de grandes chances pour que, la prochaine fois, je poste une recette de fromage de chèvre bio.

J’espère que vous m’aimerez toujours.

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