L’autre jour, la folie des grandeurs s’est emparée de moi et j’ai acheté une botte de poireaux assez grosse pour nourrir tout un arrondissement pendant une semaine.

Après en avoir mangé en quiche, en salade, en fondue, en quiche (une autre) et encore en salade, j’étais à court d’idée. Puis je me suis souvenue que j’avais vu une recette de flan de poireaux à la sauge dans un magazine et je me suis dit que ça serait l’occasion d’utiliser cette plante qui reste un réel mystère pour moi (j’ai bien tenté le beurre de sauge pour mettre dans les pâtes mais ça n’a pas été concluant).

Me voilà donc lancée. J’ai décidé de suivre la recette à la lettre et j’ai donc fait cuire mes blancs de poireaux à la vapeur. Ils recommandaient 10 minutes, ça m’a semblé louche et effectivement, ça n’a pas suffit, j’ai donc laissé 20 minutes de plus. Pour être honnête, ça me paraissait encore juste mais, confiante, je me suis dit qu’ils devaient savoir de quoi ils parlaient et je suis passée à la suite.

La suite, c’était mixer les poireaux avec du lait. C’est là que ça s’est gâté. Au début, j’ai utilisé un mixeur plongeur. Ça m’a donné des blocs de poireaux pas franchement appétissants alors j’ai rajouté un peu de crème mais ça ne s’est pas vraiment mieux passé. Au contraire, mon mixeur a commencé à fumer et à sentir le plastique fondu.

Refusant de laisser tomber si facilement, j’ai décidé d’employer les grands moyens et de sortir le blender. J’ai tout transféré dedans (à ce stade de la recette, j’avais déjà sali à peu près la moitié de ma cuisine) et j’ai mixé à pleine puissance. Mais rien à faire, le dieu du flan était contre moi.

Quand mon blender a commencé à fumer lui aussi (je n’avais jamais vu ça)(et pourtant, depuis que je l’ai, j’ai essayé de mixer à peu près tout ce qu’il est envisageable de mixer), je me suis dit qu’il fallait mieux arrêter là. Dans la recette, c’était précisé que si le mélange était trop filandreux (dans mon cas, c’était un euphémisme), il fallait le passer au tamis. Le désespoir obstruant mon jugement, c’est ce que j’ai fait (le tamis étant alors le seul ustensile que j’avais réussi à garder propre). Evidemment, ça n’a rien donné, juste un espèce de blob coincé dans la grille et trois gouttes de jus non identifiable dans le fond du plat.

Bien sûr, j’aurais dû abandonner à ce moment-là. Mais, après avoir fait une pause pour me rouler par terre en pleurant de rage, j’ai quand même ajouté les oeufs et j’ai enfourné en me disant que, peut-être, le passage au four transformerait ma bouillie filandreuse en un délicieux flan (douce innocence…).

ON NOUS MENT

Résultat, j’ai mangé des Chocapic en doutant de ma légitimité à entretenir un site de cuisine (je devrais peut-être plutôt ouvrir un blog voyage, après tout, je suis allée deux jours à Bar-le-Duc la semaine dernière).

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