passionnelle avec un plant de basilic.
Ce n’était pas prémédité.
Je l’ai acheté en faisant des courses en prévision de la confection d’un plat de tagliatelles. Quand je suis rentrée, je l’ai posé sur le rebord de la fenêtre de mon salon que j’ai refermée immédiatement à cause de mon jeune délinquant de chat (il n’a plus le droit de sortir depuis que je le soupçonne de racketter le chat de ma voisine, un persan roux qui ressemble comme deux gouttes d’eau au Lorax)(en moins écolo)(je crois qu’il jette ses mégots sur la terrasse).
Sauf que, finalement, ce jour-là, je n’ai pas préparé de pâtes, j’ai juste avalé un bol de semoule au ketchup (je vous mettrai la recette sur mon blog de cuisine)(ça nécessite deux ingrédients : de la semoule et du ketchup)(toute la difficulté consiste à bien mélanger la semoule avec le ketchup) et, du coup, j’ai oublié mon basilic. C’est une douce odeur de pizza émanant du restaurant d’en face qui, quelques jours plus tard, l’a rappelé à mon bon souvenir.
Malheureusement, deux jours de canicule étaient passés par là et le pauvre n’était pas très en forme. J’ai donc déclenché le plan sauvetage : j’ai lu l’intégralité du portail de l’agronomie sur Wikipédia avant de passer une semaine à le déplacer toutes les heures pour qu’il bénéficie continuellement d’un taux d’ensoleillement/température/humidité optimal. Le tout accompagné d’un arrosage consciencieux et d’un taillage méticuleux.
Je n’ai pas fait tout ça pour rien, mon basilic est devenu sublime : de belles feuilles lisses et brillantes, une odeur délicate et une jolie couleur verte.
Fière de moi, je l’ai montré au développeur de l’Internet. Mais alors que je m’attendais à un compliment sur mes incroyables talents de botanistes, ce rustre s’est contenté de ravaler sa salive pour me demander avec quoi on allait le manger.
Manger ma plante.
MANGER MA PLANTE.
J’ai passé une semaine à m’occuper de ce basilic!
Je suis plus proche de lui que de 3/4 des gens que je connais!
Me proposer de le cuisiner, c’est un peu comme me suggérer de faire rôtir mon chat.
(L’arrière-goût de croquette en moins).



