les sujets consensuels.

Les meilleurs étant les séries TV (je dis ça mais j’ai déjà failli en venir aux mains avec quelqu’un qui n’aimait pas les dernières saisons d’American Horror Story) et les émissions de cuisine (vous regardez Masterchef Junior US ? cette année, il y a l’enfant de Satan qui fait sa raie sur le côté et porte des NŒUDS PAPILLON COLORÉS).

Mais j’ai aussi des centres d’intérêt plus délicats à partager. Par exemple, j’adore cuisiner (enfin, rectification : j’adore manger et pour arriver à mes fins, je dois cuisiner) mais je ne consomme ni viande ni poisson et j’ai réduit au maximum les œufs et les produits laitiers (j’en mange à l’extérieur quand je n’ai pas d’autre alternative). Evidemment, ça suscite des questions, des questions auxquelles j’ai des réponses sauf que ce sont des réponses que les personnes qui me posent ces questions n’ont souvent pas envie d’entendre. Ça aboutit parfois à des conversations farfelues :

  • Oui mais de toutes façons tu portes quand même un sac en cuiralors ça sert à rien (ben oui, évidemment, si on peut pas tout de suite faire quelque chose aussi bien que ce qu’on aimerait, autant laisser tomber et manger du bacon à tous les repas),
  • Les carottes aussi souffrent (je croyais que c’était un mythe cette histoire de cri de la carotte mais je l’ai entendue trois fois en un an de la part de personnes qui sont loin d’être bêtes)(loin d’être bêtes mais qui s’imaginent que les végétaux sont dotés d’un système nerveux)(indice : c’est faux),
  • Non mais de toutes façons, il faut être modéré et manger un petit peu de tout (la sacro-sainte modération : soyons toujours modérés, n’ayons jamais d’avis sur rien et n’essayons SURTOUT JAMAIS de changer quoi que ce soit autour de nous)(d’autant que tout le monde sait que les vegans sont tous d’horribles extrêmistes qui constituent des lobbys au sein des multinationales de l’agroalimentaires pour vendre aux médias et aux politiques des programmes alimentaires imaginés par des médecins rémunérés par ces mêmes lobbys),
  • Oui, moi c’est pareil, enfin sauf que je mange de la viande que deux ou trois fois par semaine et uniquement celle qui vient de chez mon petit boucher (le fameux petit boucher, celui qui élève des veaux dans des champs de pâquerettes et leur fait des câlins avant de les égorger avec tendresse)(le meurtre éthique = même combat que la publicité éthique CLIN D’ŒIL APPUYÉ AUX BLOGUEURS DONT LE MOINDRE PROUT EST SPONSORISÉ MAIS C’EST PAS GRAVE CAR ILS SONT TRANSPARENTS)(en plus, les ¾ du temps, ce petit boucher s’appelle Herta).

Bref, le végétarisme/végétalisme est un sujet qui me tient à cœur mais que j’évite en général. Pourtant, c’est pas le pire. En effet, attachez vos ceintures ; mesdames, messieurs, la prochaine fois, nous parlerons de féminisme

il m’a fallu pour récupérer mon mot de passe ? Au moins trois minutes (autant dire une éternité en temps Internet).

Mais ça valait le coup parce que j’ai une anecdote #mildlyinteresting à raconter (j’ai épuisé toute l’attention que pouvaient me donner mes proches avec des histoires de luminothérapie et de séries sur des anciens mafieux, je ne peux plus exiger de temps d’écoute, je suis donc obligée de me tourner vers l’INTERNET).

Dans la nuit de vendredi dernier, je me suis levée pour boire un verre d’eau (j’étais assoiffée car j’avais mangé trop d’olives dans la soirée). J’ai rempli mon pot (je bois uniquement dans un gros bocal de sauce tomate auquel j’ai retiré l’étiquette, ce qui est un immense sujet de discorde entre mon fiancé et moi : je trouve que c’est pratique car j’ai toujours soif et que je ne trouve jamais de verres assez grands et lui dit que c’est ridicule (surtout depuis qu’il a appris l’existence de la mode des Mason Jar, qui ne sont ni plus ni moins que des gros bocaux de sauce tomate vendus vides et très chers avec des pailles à rayures)). Bref, j’ai rempli mon pot et j’ai bu vite, très vite (en partie parce qu’ils n’avaient pas encore remis le chauffage dans mon immeuble).

A peine le pot reposé, j’ai commencé à me sentir mal, genre très mal. J’ai eu une bouffée de chaleur, j’ai aggripé une chaise et j’ai vaguement grogné NAEEUUUHOHHHON avant de m’affaler comme un gros sac de pommes de terre. Quand j’ai repris mes esprits, j’étais allongée par terre dans une flaque de bave et j’entendais mon fiancé me demander si ça allait (il a l’habitude, une fois, je me suis évanouie en voulant prendre un bain trop chaud). Je me suis relevée, j’avais mal au genou et à l’épaule mais rien de très grave.

Le vrai drame est arrivé plus tard. Quand je me suis réveillée le lendemain, j’avais une marque rouge sous l’oeil, pas très jolie mais assez discrète. 48h plus tard, le lundi matin, j’avais l’oeil d’un militant qui revient d’une manif anti G8. Comme c’était impossible de le cacher avec du fond de teint, j’ai décidé de mettre mes lunettes en espérant que ça ferait illusion au boulot.

BIEN SÛR QUE NON.

Je n’ai pas compté le nombre de blagues que j’ai entendu ce jour-là (mes préférées : les blagues sur les femmes battues, ce sujet tellement rigolo). Quand je suis rentrée, dépitée et dégoûtée de l’humanité toute entière (en même temps, c’est souvent le cas le lundi soir, oeil au beurre noir ou non), mon fiancé a essayé de me réconforter  mais il n’a pas réussi (il faut dire que depuis que c’est arrivé, il ne peut pas s’empêcher d’éclater de rire à chaque fois qu’il me regarde)(comment lui en vouloir ?). Je vais vous épargner le paragraphe sur Doctissimo qui m’a appris que j’en avais encore pour deux ans au minimum (sans compter l’ablation de l’oeil et les 30 000 € de chirurgie réparatrice) parce que c’est exactement le genre de gag éculé qui me donne envie de casser Internet. Toujours est-il que j’ai décidé de prendre les choses en main, d’être celle qui tire les ficelles de ma vie, de devenir maitre de mon existence et d’inventer à mon coquard un background un peu plus glorieux que je suis tombée après avoir bu un verre d’eau.

Pour l’instant, j’hésite encore entre j’ai trébuché en sauvant un chaton d’un immeuble en feu et je me suis intercalée dans une bagarre pour aider un petit enfant qu’on rackettait.

Je vous ferai savoir (ça sera peut-être j’ai sauvé la vie d’un chaton qu’on rackettait dans un immeuble en feu).

FIN

Merci à tous pour vos messages.

Je vais mieux, ne vous inquiétez pas, je n’ai simplement plus envie d’écrire sur ce blog.

ByeLoveYouCat

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