ma généraliste.

Le problème, c’est qu’il faut en moyenne une semaine d’attente pour un rendez-vous. Alors, avec cette migraine qui me donnait l’impression d’avoir une répétition de Danse avec les stars dans le corps calleux (OUI, je connais l’anatomie du cerveau, OUI, je sais beaucoup de chose que vous ignorez)(…)(je plaisante, j’ai juste une application Wikipédia sur mon téléphone et énormément de temps à perdre), c’était simplement pas possible. Je suis donc allée dans un cabinet sans rendez-vous où j’ai attendu à peu près deux heures avant qu’une généraliste ne me reçoive (dire qu’à ce moment-là, je trouvais que deux heures, c’était long… innocente que j’étais).

Quand j’ai expliqué ce que j’avais à la médecin, elle m’a posé mille questions et m’a fait des dizaines de tests du style t’as vu mon doigt? il est où mon doigt? combien j’ai de doigts? tu sens mon doigt? (les premiers doigts d’une très longue série de doigts).

Lorsqu’elle m’a fait rasseoir, elle m’a demandé si j’étais inquiète. J’ai dit que non, elle m’a dit qu’elle non plus mais que bon, ça serait bien que j’aille quand même aux urgences neurologiques genre TOUT DE SUITE. J’ai dit bof et j’ai demandé si je pouvais pas plutôt y aller le lendemain matin (pour tout vous dire, il était presque 21 heures et j’avais faim). Elle m’a dit que c’était pas négociable et elle m’a écrit un mot que j’ai pris en bougonnant. Mon fiancé m’a rejointe et on s’est mis en route pour les urgences en se demandant ce qu’on pourrait bien manger quand on rentrerait (quoiqu’il arrive, ma première préoccupation reste toujours mon estomac).

Une fois sur place, j’ai donné tous mes papiers (j’étais un peu stressée parce que je m’étais fait radier de la Sécu quelques semaines plus tôt)(je ne leur avais pas dit que j’avais un emploi en CDI)(ce n’est pas que je ne voulais pas leur dire, c’est que je ne savais pas qu’il fallait que je leur dise)(du coup, ils m’ont radiée sans me prévenir que je n’avais plus de couverture santé)(je l’ai su par hasard le jour où j’ai eu besoin d’un justificatif)(après ça, j’ai vécu deux mois dans la terreur d’attraper une gastro ou de me casser une jambe)(vous savez combien coûtent les soins médicaux? BEAUCOUP TROP CHER POUR MOI). Heureusement, cette fois, les dieux de l’administration étaient de mon côté et j’ai pu aller m’installer en salle d’attente sans qu’on me dise que j’avais pas rempli le formulaire 753b ou qu’on me demande l’adresse de mon centre CPAM)(QUI SAIT CE GENRE DE CHOSES, HEIN? PAS LES GENS NORMAUX).

Comme on savait qu’il faudrait sans doute attendre longtemps, on s’est mis dans un coin tranquille, un endroit où on ne pouvait pas voir les vieilles personnes couvertes de croûtes, les gens saouls et les plaies ouvertes et suintantes. On avait peur de s’ennuyer mais en fait, vers 23h, des junkies ont créé un peu d’animation en fracassant la porte des urgences pour voler des médicaments.

Au bout de trois heures, quelqu’un est venu me chercher pour me demander de mettre une blouse fesses à l’air et d’attendre sur un lit installé en plein milieu d’un box vide. Une demi-heure plus tard, une interne est venue me poser des questions et me demander où était son doigt. Je l’ai aidée à retrouver son doigt et elle m’a dit que la neurologue allait bientôt passer. Trois quart d’heures après, la neurologue est arrivée, entourée d’internes (c’est le signe distinctif des neurologues : ils sont TOUJOURS entourés d’internes) et m’a agité ses doigts sous le nez (j’avais envie de hurler JE VOIS TES DOIGTS, LAISSE-MOI RENTRER CHEZ MOI MAINTENANT). Puis tout le monde est parti, me laissant toute seule, sans que je sache vraiment pourquoi j’étais là ni ce qui allait se passer.

Vers 3h du matin (soit près de 6h après mon arrivée), deux aides-soignantes sont venues me chercher pour me faire passer un scanner. Un peu plus tard, l’interne est revenue me voir pour me dire que je n’aurais pas les résultats tout de suite, qu’il allait falloir que je passe la nuit dans le box et que le lendemain à 8h, ils m’enverraient aux urgences céphalées pour voir un autre neurologue. Elle a fait venir mon fiancé pour qu’il me dise bonne nuit et elle m’a laissée là, les fesses à l’air au milieu des urgences.

Je n’étais pas démaquillée, j’avais mes lentilles de contact et rien pour les enlever, je n’avais rien mangé depuis le midi, je devais aller travailler le lendemain, mon téléphone n’avait plus de batterie et, surtout, j’étais persuadée de ne rien avoir (si ce n’est une contracture musculaire et une migraine). J’ai passé la nuit à haïr la médecin qui m’avait envoyée là, l’interne, la neurologue, le radiologue, les aides-soignantes, les autres patients et l’humanité toute entière.

Quand l’interne est arrivée le lendemain, accompagnée de mon fiancée, j’étais bien décidée à lui dire ce que je pensais de cette façon de faire et à lui expliquer qu’elle ferait mieux de soigner des vrais malades plutôt que d’obliger les honnêtes gens à dormir toutes fesses dehors dans une pièce où des ambulanciers débarquent sans prévenir à peu près toutes les dix minutes.

Mais, avant que j’ai le temps d’ouvrir la bouche, l’interne s’est penchée vers moi, m’a attrapé la main très doucement et m’a dit qu’il y avait un problème avec mon scanner, que quelque chose dans mon cerveau ne fonctionnait pas bien. Elle a dit artères, cervicales, AVC, vaisseaux, hématomes, traumatisme, IRM, irrigation. Je n’ai rien compris, j’ai juste regardé mon fiancé se décomposer petit à petit. Elle m’a dit que la généraliste m’avait sauvé la vie en m’envoyant ici, que le service de neurologie dans lequel j’allais aller était un des meilleurs qui existe et que, maintenant que j’étais à l’hôpital, je n’avais plus rien à craindre.

Je n’ai pas vu la scène au ralenti, au contraire, tout est allé très vite. Avant que je réalise ce qui se passait, j’étais aux soins intensifs avec des tuyaux qui sortaient de partout, un interne qui me demandait où était son doigt (DTC) et un neurologue qui m’expliquait que j’allais être hospitalisée quelques jours.

Au final, ces quelques jours ont duré plusieurs semaines.

où je revenais de Naples avec 10 gr/l de sauce tomate dans le sang et une contracture musculaire au niveau du cou.

De retour à Paris, j’ai fait une cure de graines germées et ingéré plus de paracématol en une semaine que dans toute ma vie. Le pharmacien m’a donné une minerve qui m’a soulagée mais qui n’a rien guéri. Contrairement à ce que m’ont conseillé les gens, je ne suis pas allée chez le kiné et j’ai bien fait puisque ça m’a peut-être sauvé la vie (il ne faut jamais écouter les gens, la plupart racontent n’importe quoi).

A J+15, je commençais à en avoir un peu ras-le-bol, j’ai donc acheté un oreiller ergonomique en mousse à mémoire de forme avec diffusion d’huile essentielle de chanvre pour la modique somme de 189 € (OUI, 189 € pour un oreiller, OUI, moi aussi je trouvais ça fou jusqu’à ce que la vendeuse me propose de poser la tête dessus et que… AH, JE L’AIME TELLEMENT)(c’est sans doute le meilleur achat que j’ai fait depuis ça).

Ça allait donc couci-couça (HAHAHA)(j’ai fait des cours de body pump, je peux supporter la douleur aussi bien qu’un légionnaire)(enfin, je veux dire, tant que ça reste un torticolis, restons raisonnables quand même) jusqu’à un dimanche où j’ai commencé à avoir des éblouissements et des migraines (pas des maux de tête, non, des migraines, il y a une différence d’environ 7 barreaux sur l’échelle de la douleur). C’est passé relativement rapidement mais comme c’est revenu le lendemain, j’ai décidé d’aller voir la généraliste après le boulot.

C’est là qu’a commencé la pire nuit de ma vie.

Il y avait des pizzas, de la mafia, un volcan, des cafards géants et des posters de la Vierge un peu partout, c’était super (je ne vous inflige pas mes 650 photos, si je commence à faire ça, je finirai par faire des montages avec des photos d’habits qui renvoient vers des liens d’affiliation, or, j’aimerais pouvoir garder encore un peu d’estime de moi)(si ça vous intéresse, regardez plutôt le No Reservations d’Anthony Bourdain consacré à Naples)(je vous fais confiance pour le trouver via des moyens tout à fait illégaux).

Bien sûr, je me suis baignée (des vacances sans se baigner, ce n’est pas vraiment des vacances)(ça va bien deux minutes de visiter des musées, faut pas exagérer non plus) mais pas à Naples, à Procida, une petite île en face de Capri (vous avez la chanson dans la tête? moi je l’ai eu sur les lèvres pendant trois jours)(mon fiancé a failli m’assassiner).

Il faisait beau, la mer était chaude et j’avais mangé mon poids en beignets de pâte à pizza (OUI, je sais ce que vous pensez mais goûtez-y avant de me juger), tout était parfait à un détail près : je me suis fait mal à la nuque en faisant la zinzin dans l’eau (enfin, je n’ai pas vraiment fait la zinzin, disons plutôt que je nage comme un tapir qui aurait été nourri de bouts de bois toute sa vie). Je me suis dit que ce n’était pas grave, que c’était une contracture musculaire et que ce n’était pas ça qui allait gâcher mes vacances (franchement, il me faut plus qu’un torticolis pour m’empêcher de me gaver de pizzas). Sauf qu’en fait, ce n’était pas un torticolis et que j’ai failli MOURIR (je n’exagère pas! c’est vrai!)(rien à voir avec Hervé Vilard).

Bon finalement, j’ai eu de la chance (enfin, de la chance et plusieurs jours en soins intensifs) mais comme je suis en convalescence (j’ai failli MOURIR, ça fatigue un peu)(et en plus, je n’ai pas pu prendre ma vitamine C pendant plus de deux semaines)(je suis à 1 000 mg par jour, ça me coûte plus cher que si j’étais accro à la coke), je vous raconterai tout ça la prochaine fois (il y aura du suspense, de l’action, de l’émotion et un record du monde à Dots)(bon, peut-être seulement un record du quartier)(ou de l’étage)(ce jeu me rend folle).

En attendant, voici une vidéo de chats qui discutent (oui vous l’avez vu mille fois mais j’ai deux semaines de retard sur le monde)(je me remets tout juste d’une NDE, excusez-moi d’être un peu à côté de la plaque)(je ne sais même pas qui a gagné Secret Story).

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