Si on se marie, on passera Veridis Quo et on se gavera de samoussas.

Je veux pas me marier avec toi, il me répond.

Notez bien le AVEC TOI.

Est-ce que ça veut dire qu’il veut se marier avec quelqu’un d’autre?

MAIS QUI?

J’espère que ce n’est pas ma copine Alice qui est plus belle que moi.

J’ai vu tous les films à l’affiche (sauf ceux avec Kad Mérad ou Sophie Marceau)(c’est au dessus de mes forces)(par contre, j’ai vu celui sur l’affiche duquel il y a un chien qui fait du surf)(UN CHIEN QUI FAIT DU SURF).

J’ai classé mes livres en fonction de la date de parution multipliée par l’ordre alphabétique auteur auquel j’ai soustrait la couleur de la couverture (ça m’a pris cinq jours).

J’ai gagné deux fois le tournoi FedEx à Tiger Woods PGA Tour.

J’ai acheté une robe rose (d’après l’Intégriste, c’était une très mauvaise idée).

J’ai acheté un livre juste parce que le titre me plaisait et je l’ai adoré.

J’ai cuisiné trois fois du goulash (c’est tellement bon).

Je me suis entraînée à imiter Cindy Lauper (j’ai renoncé quand ma coloc m’a menacée de porter plainte).

J’ai lutté contre le syndrome Friends qui me pousse à regarder jusqu’au bout un épisode que j’ai déjà vu mille fois quand je tombe dessus sur NRJ12 (c’est un vrai problème contre lequel les conseillers du Pôle Emploi devraient mettre les chômeurs en garde).

J’ai changé la couleur de mon vernis à ongles tous les jours.

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Je voudrais que ma vie soit comme ça tout le temps.

au Café de Flore et les interviews pour la presse japonaise, la sortie du livre de l’Intégriste monopolise une grande partie de mon emploi du temps.

(Au fond, vous savez que je mens et que la seule chose qui change, c’est que dès que je passe devant une Fnac, je peux pas m’empêcher d’aller glousser devant sa pile)

Bon, je vous mets mon extrait préféré (il me fait tellement penser à ça) et après, j’arrête de vous gonfler (sauf si cette histoire me permet de participer à une soirée échangiste avec Florian Zeller) :

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J’eus toutefois une brève aventure.

Un soir où je fixais le plafond dans l’espoir d’y voir un peu plus clair, je découvris un papillon de nuit endormi juste au-dessus de mon lit. Plutôt que de le tuer, je choisis de l’adopter pour me tenir compagnie. Après lui avoir donné le nom d’Icare, je le pris sous mon aile avec la ferme intention de le laisser rentrer dans ma vie. Très vite, je compris que lui et moi partagions les mêmes centres d’intérêt. Icare, par exemple, n’était pas du genre à voleter pour ne rien dire. Préférant musarder sur les murs plutôt que d’aller se brûler les ailes à faire des loopings au-dessus de l’halogène qui auraient pu lui être fatals, Icare réservait ses mouvements à la satisfaction des besoins vitaux qui, à ma grande joie, semblaient calqués sur les miens. Quand je me levais pour aller aux toilettes, Icare démarrait au quart de tour et m’accompagnait avec l’air de dire « Ça prendra le temps que ça prendra ». Il avait des joies simples et se faire chier ne lui posait pas de problème. Il était mon double, mon alter ego parasite.

Dans l’espoir d’approfondir notre relation, je lui fis découvrir la grande musique. Les Beatles, les Kinks ou encore les Beach Boys. Mais ce qui lui faisait battre les ailes, c’était la variété française. Il suffisait que je lui mette du Polnareff ou du Christophe pour qu’il papillonne en se prenant pour un oiseau de nuit. Il était comme ça : il aimait La Dolce Vita. Fan de séries, Icare aimait les sitcoms que je regardais. Seinfeld le faisait se tortiller de rire. Il avait de l’humour. Nous étions faits pour nous entendre.

Cependant, les repas étaient sources de conflits : il ne goûtait guère les miettes que je lui rapportais du Quick. Il surveillait sa ligne. La nuit, quand Bruno dormait, je lui parlais à voix basse. Je lui faisais part des tracas que m’inspirait le quotidien. Je lui disais qu’il était beau, qu’il avait de l’allure mais qu’il fallait garder les pieds sur terre. Il jouait au modeste mais je voyais ses ailes rougir. Je lui posais aussi des questions existentielles. Cautionnait-il ma dépendance au RMI? Savait-il ce que signifiait « réussir »? Avait-il déjà connu l’amour? Son mutisme me laissait penser qu’il n’en savait rien mais je ne l’en aimais que plus : il savait écouter sans se mettre en avant. C’était un bon compagnon.

Un matin, je découvris qu’Icare n’était plus là. Au-dessus de mon lit, il y avait un grand vide. Parti je ne sais où sans même me laisser une adresse, Icare me démontra une fois encore qu’on ne pouvait compter sur personne, pas même sur un foutu papillon.

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