peut-être le froid, la série documentaire d’Arte sur le déclin du communisme ou bien l’abus de gâteau de semoule (j’ai peur que le grain de couscous n’ait épongé une partie de mon liquide cérébro-spinal), mais, avec le développeur de l’Internet, on a décidé de partir quelques jours à Saint-Petersbourg.

Moi, grande voyageuse (l’année dernière, j’ai rédigé une série de mailings pour une compagnie de charters) et fine connaisseuse de la culture russe (j’ai étudié Gogol au bac français), j’ai dit t’inquiètes, je m’occupe de tout et j’ai consacré les deux jours suivants à planifier le séjour.

Bon, pour être honnête, j’ai surtout passé du temps à regarder des photos dans Google Images, à m’imaginer manger des cornichons géants, nue sur une épaisse peau de loutre, et à paniquer en lisant les conditions d’obtention de visa.

Selon mes prévisions, les billets d’avion devraient donc être réservés d’ici trois ans.

se rendre à l’évidence : ma superbe coupe Carey Mulligan s’est peu à peu transformée en un dégradé assez douteux.

Comme j’assume moyennement d’être coiffée comme une animatrice de talk-show, j’ai décidé de ne plus sortir de chez moi.

Le développeur de l’Internet a dit que j’étais bête et que je ferais sans doute mieux de plus me préoccuper de ce que j’ai dans la tête plutôt que de ce que j’ai au-dessus (il me méprise un peu depuis qu’on a regardé un documentaire sur le déclin du communisme et que je lui ai avoué que je croyais que le glasnost, c’était une génoise avec de la crème pâtissière).

Je me suis dit qu’il avait sans doute raison et j’ai accepté d’aller dîner avec des amis le soir même.

Quand je suis arrivée, ils étaient déjà tous installés. Ils discutaient et riaient en buvant du bon vin. Ça m’a fait chaud au coeur et j’ai pensé que ça aurait été dommage de rater ça.

Puis j’ai retiré mon bonnet et quelqu’un a dit hé, salut Sophie Davant.

a arrêté de faire pipi.

A première vue, ça peut paraître pratique (personne n’aime nettoyer un bac à litière) mais, en réalité, c’est très dangereux (je n’exagère pas, je l’ai lu sur Doctissimo).

Du coup, après une nuit passée à traquer la moindre goutte de pipi, j’ai attendu les premières heures du jour pour passer un coup de fil à la vétérinaire et obtenir un rendez-vous en début d’après-midi.

J’étais soulagée jusqu’au moment où elle m’a rappelée pour dire qu’en fait, c’était une urgence et qu’il fallait aller à la clinique des pipous TOUT DE SUITE.

J'ai mal au moumou

ANGOISSE!

PANIQUE!

ON SORT EN PYJAMA SANS SE LAVER LES DENTS!

Me voilà donc partie pour les urgences vétérinaires avec ma petite croquette sous le bras.

Là-bas, les docteurs lui ont fait passer plusieurs examens. Ils m’ont montré son pipi au microscope et ils ont dit que c’était une vilaine infection mais que comme il avait été pris en charge assez tôt, c’était pas trop grave.

Ensuite, pendant que le petit patient mordillait les câbles de l’ordinateur de la secrétaire, ils m’ont fait une ordonnance de médicaments hors de prix et puis on est rentrés pour que Marcel mange et que je puisse lui faire avaler sa pipette de traitement.

Je sais pas si vous avez déjà essayé d’administrer des médicaments à un chaton par voie orale, mais, en gros, ça ressemble assez à un championnat de free fight dans lequel les objets contondants seraient autorisés (j’ai les avant-bras d’une adolescente qui vient de se faire larguer via Facebook).

Enfin, la bonne nouvelle dans tout ça c’est que, dès le lendemain, il a fait pipi dans mon sac à main.

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